Pauvre Belgique : le silence de la dépossession citoyenne

1. Cartographie des médias cibles et procédures de soumission

Canaux prioritaires francophones

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Le Soir (Cartes blanches) accepte des tribunes de 500 à 1 000 mots (~3 000-6 000 caractères espaces compris), signées avec nom, fonction et affiliation. La soumission s'effectue par courriel au desk Débats/Opinions. Aucune adresse publique standardisée n'est diffusée ; le contact passe par le formulaire en ligne ou directement via la rédaction. Le Soir étant désormais intégré au pôle Rossel (fusion Rossel-IPM signée le 17 décembre 2025), c'est le vaisseau amiral de la presse francophone belge.

La Libre Belgique (Carte blanche / Ripostes) suit un format comparable : ~500-1 000 mots, texte argumenté, lié à l'actualité, avec biographie courte et photo. La section « Ripostes » met en regard deux opinions contradictoires sur un même sujet — format stratégique pour un texte polémique. Contact via la page Débats de lalibre.be.

La Revue Nouvelle offre les consignes les plus détaillées : articles de 15 000 à 35 000 caractères (section « Article/Varia ») ou 8 000 à 20 000 caractères (section « Le Mois », liée à l'actualité). Titre de 5 mots maximum, chapeau de 5 phrases, sous-titres obligatoires, orthographe rectifiée. Soumission à redaction@revuenouvelle.be. Publication sur Cairn.info. C'est le canal idéal pour la version longue et académiquement sourcée.

Politique (revue) accepte les contributions à redaction@revuepolitique.be. Revue trimestrielle d'analyse politique progressive, format essai. Alter Échos (journalisme social, Wallonie et Bruxelles) se contacte à redaction@alter.be. Le format est journalistique engagé mais non partisan, centré sur les politiques sociales.

Médor fonctionne par proposition de sujets via formulaire en ligne (medor.coop). La rédaction est collégiale (5 « pilotes » rotatifs). Ce trimestriel coopératif d'investigation n'est pas une plateforme d'opinion ouverte mais accepte des propositions de journalistes professionnels. Wilfried (trimestriel politique narratif) travaille avec ~30 pigistes réguliers ; contact à admin@wilfriedmag.be.

Publications académiques et think tanks

Brussels Studies constitue le canal académique le plus structuré : articles de 30 000 caractères maximum, soumission à info@brusselsstudies.be, relecture en double aveugle, publication en accès libre (modèle Diamond). Références obligatoirement au format ISO 690 auteur-date. Délai moyen de 21 semaines entre soumission et publication. Trilingue (FR/NL/EN) — la traduction est prise en charge par la revue.

Le CRISP (Courrier hebdomadaire) publie des monographies commanditées sur la vie socio-politique belge. Les propositions d'études s'adressent au rédacteur en chef Cédric Istasse à c.istasse@crisp.be. La Revue belge de sécurité sociale accepte des contributions scientifiques (revue par 2-3 experts anonymes), des articles « Forum » (opinions motivées) et des textes courts « Sécurité sociale en mouvement » ; contact à btsz-rbss@minsoc.fed.be.

Médias européens et internationaux

Social Europe impose un format strict de 700-1 000 mots, sans notes de bas de page (hyperliens uniquement), soumission exclusive à submissions@socialeurope.eu, réponse sous une semaine. openDemocracy demande un pitch de 2-3 paragraphes à pitch@opendemocracy.net, pour des articles de 700-1 200 mots (ou plus pour le « Friday Essay »). Rémunération à £0,33/mot. Jacobin accepte des manuscrits finalisés de moins de 2 000 mots à submissions@jacobinmag.com. Mediapart Club est ouvert à tout abonné (~11€/mois) pour publier des billets de blog, modérés a posteriori. The Progressive Post (FEPS) fonctionne principalement par invitation via son réseau de 76 organisations membres.

L'Agence Belga

Belga est un service de dépêches, pas une plateforme d'opinion. Elle distribue des communiqués de presse soumis par des organisations via sa plateforme professionnelle (belga.press). Pour qu'un article éditorial atteigne Belga, la stratégie optimale est de publier d'abord dans un média partenaire (Le Soir, La Libre), puis de diffuser un communiqué de presse signalant la publication via info@belga.be.


2. Audit des sources : 13 confirmées, 2 à corriger, 1 introuvable

Sources intégralement confirmées

L'Avis IFDH n° 2025/4 du 2 juillet 2025 est vérifié dans son intégralité. L'Institut Fédéral des Droits Humains conclut que la réforme du chômage viole le principe de proportionnalité, l'article 12 de la Charte sociale européenne révisée et l'article 23 de la Constitution. L'IFDH recommande au Parlement de ne pas adopter la réforme telle que proposée et chiffre à ~185 000 personnes la perte de droits. Le PDF est accessible sur institutfederaldroitshumains.be.

Le rapport LDH de janvier 2026 existe, publié le 14 janvier 2026, sous le titre exact « 2025 : assaut coordonné sur les contre-pouvoirs » — une correction s'impose : l'expression complète est « assaut coordonné sur les contre-pouvoirs », et non simplement « assaut coordonné ». Le rapport couvre l'ensemble de l'année 2025, pas uniquement l'accord de coalition.

Les données INAMI : le chiffre de 69% de femmes parmi les cas de burn-out/dépression en invalidité est confirmé par la page statistique officielle de l'INAMI. La donnée sous-jacente pourrait porter sur 2022 plutôt que 2023, l'INAMI publiant avec un décalage. La publication de juin 2025 (« Mieux connaître l'invalidité due aux troubles psychosociaux ») est le document de référence.

Le Baromètre inclusion numérique 2024 (Fondation Roi Baudouin) confirme que 40% des Belges de 16-74 ans sont en situation de vulnérabilité numérique en 2023. Auteurs : Périne Brotcorne (UCLouvain/CIRTES) et Koen Ponnet (UGent) — correction : les partenaires 2024 sont UCLouvain et UGent (et non VUB, qui participait aux éditions antérieures).

Tom Schamp (UGent, 2016-2017) : recherche confirmée. Étude sur les relations partis-groupes d'intérêt lors de la campagne électorale 2013-2014, publiée dans Samenleving & Politiek (jaargang 24, 2017, nr. 8, pp. 60-67) sous le titre « V, de kracht van verankering! ». Co-chercheurs : Gilles Pittoors, Thibaut Renson, Bram Wauters. Conclusion : VOKA est l'organisation d'intérêt la plus influente en Flandre.

Evelien Willems (UAntwerpen) : article confirmé — « Voka en N-VA: van Vlaamse droom tot machtspact », Samenleving & Politiek, octobre 2025. Willems est Senior Postdoctoral Researcher FWO au groupe de recherche Media, Middenveld & Politiek (M2P), UAntwerpen.

Ico Maly : deux œuvres clés vérifiées. La thèse doctorale « N-VA: Analyse van een politieke ideologie » (EPO, 2012, 607 pages, défendue à l'Université de Tilburg en octobre 2012) qualifie l'idéologie N-VA d'« antidemocratisch » et « antiverlichting ». L'essai « De Hedendaagse Antiverlichting » (EPO, janvier 2018) élargit l'analyse. Maly est actuellement professeur associé à l'Université de Tilburg, pas dans une université belge.

CJUE C-817/19 : arrêt de la Grande Chambre du 21 juin 2022, Ligue des droits humains ASBL c. Conseil des ministres. L'arrêt impose une interdiction de facto des algorithmes d'apprentissage automatique pour le traitement des données PNR ; seuls des critères prédéterminés et non discriminatoires sont autorisés. ECLI: EU:C:2022:491.

Joël Girès, Brussels Studies, septembre 2024 : article n° 195, « Inégalités sociales de réussite à l'Université. La performance académique au prisme des conditions de vie étudiante », publié le 15 septembre 2024. Données sur 3 000+ étudiants ULB.

Marijke Persoone, Wiens belang?, EPO, 2024 : confirmé. 222 pages, publié en février 2024, ISBN 9789462674745. Analyse critique de l'idéologie du Vlaams Belang et de ses effets sur les intérêts populaires. Préface de Fikry El Azzouzi.

Democracy Index EIU 2023 : Belgique à 7,64/10, rang 36, catégorie « démocratie défaillante » (flawed democracy). Sous-scores notables : participation politique à seulement 5,00/10 (point faible majeur), libertés civiles à 8,53.

Transparency International CPI 2024 : Belgique à 69/100, rang 22. Publication le 11 février 2025. La Belgique a perdu 4 points par rapport à 2023 (73) et 8 points depuis 2016 (77). Elle figure parmi les « significant decliners » — un déclin significatif.

Les quatre plaintes collectives devant le Comité européen des droits sociaux sont toutes confirmées :

  • 237/2024 : ETUC, CGSLB, CSC et FGTB c. Belgique — droit de négociation collective (art. 6§2 CSE révisée), enregistrée le 6 février 2024, admissible le 1er juillet 2024
  • 233/2023 : FIDH et ATD Quart Monde c. Belgique — interdictions municipales de mendicité (arts. 16, 30 et E), enregistrée le 1er décembre 2023, admissible le 14 mai 2024
  • 203/2021 : FEANTSA c. Belgique — manque de logements abordables, décision sur le fond publiée le 19 mars 2025
  • 195/2020 : ERRC c. Belgique — opérations policières visant les Roms, décision sur le fond publiée le 15 février 2025

Sources nécessitant correction

L'arrêt Cour constitutionnelle « 8/2025 du 30 janvier 2025 » n'est pas confirmé sous ce numéro. L'arrêt n° 9/2025 du 30 janvier 2025 existe (registre central des décisions judiciaires, avec références au standstill de l'article 23), mais porte sur la transparence judiciaire. L'arrêt n° 115/2025 du 11 septembre 2025 applique directement le principe de standstill (article 23) pour suspendre une ordonnance bruxelloise sur la LEZ, constatant une « régression significative » en matière de protection de la santé. Vérification recommandée : s'agit-il de l'arrêt 9/2025 ou 115/2025 ?

Source introuvable

Dossche et al., KU Leuven, 2024 (explicabilité des algorithmes VDAB) : aucune publication correspondante n'a été identifiée dans les bases de données de la KU Leuven, Google Scholar ou ResearchGate. Un Wouter Dossche apparaît au département d'économie de la KU Leuven avec une seule publication répertoriée, sans lien avec le VDAB. Il pourrait s'agir d'un working paper non indexé, d'un mémoire de master, ou d'un rapport interne. Cette source ne peut être citée en l'état sans vérification complémentaire.


3. Modèles éditoriaux et registre stylistique

Cartes blanches à fort impact 2024-2025

La carte blanche la plus structurante est « Il est temps pour le non-marchand ! » (novembre 2024), menée par Isabelle Ferreras (directrice de recherche FNRS, professeure UCLouvain, Académie Royale de Belgique), cosignée par des dizaines d'universitaires de l'UCLouvain, l'ULB, la VUB, la KU Leuven et l'UMons. L'argument central — « même si ces gouvernements prétendent ne pas mener de politique d'austérité, l'approche va bien plus loin que ce que l'UE exige déjà » — constitue un modèle de formulation incisive ancrée dans l'analyse budgétaire.

L'« Appel de 120 personnalités » (Le Soir et De Morgen, 6 décembre 2024) sur la coopération internationale a réussi le tour de force de réunir les recteurs et vice-recteurs de toutes les universités belges (UCLouvain, ULB, ULiège, UMons, KU Leuven, UGent, VUB, UAntwerpen) aux côtés de dirigeants d'entreprises, syndicats et société civile — un front transcommunautaire rare.

La tribune collective « Qui sont les assistés ? » (La Libre, 2024-2025), signée par 17+ organisations (Gresea, SAW-B, Solidaris, RWLP, MOC, Mutualité Chrétienne), démonte le cliché des « associations biberonnées aux subsides » en démontrant que les aides publiques aux entreprises marchandes ont crû 1,5 fois plus vite que les dépenses sociales.

La carte blanche de Farah Ismaïli (directrice FESEFA, Le Soir, 20 mars 2025) offre un modèle de phrase-choc : « Si vous vouliez éliminer le secteur associatif, vous ne pourriez pas mieux faire. »

Le mouvement « Université en colère » comme modèle de mobilisation académique

Né à l'ULiège en mai 2025, le mouvement « Université en colère » rassemble 780+ membres du personnel universitaire. Les citations de Grégory Cormann (professeur de philosophie, ULiège) — « ces mesures sont d'une brutalité sans précédent » — et de Geoffrey Geuens (professeur, ULiège) — « le fil rouge de ce gouvernement est la destruction du service public et de tout ce qui reste de l'État social en Belgique » — fournissent des modèles de discours académique au vitriol.

Profils stylistiques des éditorialistes de référence

Béatrice Delvaux (éditorialiste en chef du Soir depuis 2011) incarne l'éditorialisme institutionnel de haut niveau. Son registre combine expertise économique et punchlines dévastatrices — sur le scandale I-Police/Verlinden (2025) : « Peut-être tombera-t-elle parce qu'elle a oublié de lacer ses chaussures ». Elle écrit également une chronique bimensuelle dans De Standaard, ce qui en fait une voix transcommunautaire.

Marcel Sel (pseudonyme, né en 1960) représente le blogueur-polémiste : son « Blog de Sel » a été classé premier blog politique et deuxième blog francophone de Belgique. Publié dans La Libre, Le Soir, Marianne Belgique, il a gagné un procès en appel (Bruxelles, 2023) lui permettant de qualifier quelqu'un d'« antisémite » sur base d'arguments référencés. Ses ouvrages Walen Buiten (2010) et Les Secrets de Bart De Wever (2011) illustrent un style mêlant humour, satire et critique politique acérée.

Thomas Gunzig (chroniqueur hebdomadaire sur RTBF Matin Première, la matinale la plus écoutée en Belgique francophone) théorise sa propre méthode : « La chronique telle que je la conçois mêle raison et émotion. Il faut du fond, mais sans émotion ça ne marche pas. » Prix Victor Rossel 2001 et 2011. Son registre — ironie, provocation, colère contrôlée — constitue le modèle le plus proche du « vitriol littéraire ».

Note sur Jean-Claude Arcq : les recherches n'ont pas identifié d'éditorialiste sous ce nom. Il pourrait s'agir d'Étienne Arcq, chercheur au CRISP spécialisé dans les élections belges, la concertation sociale et la formation de coalitions, auteur de nombreuses monographies du Courrier hebdomadaire.

Enquêtes primées de Médor et Apache

Médor a reçu le Prix Belfius 2016 et 2017, le Trace Prize 2019, le Prix de la presse du Parlement FWB 2022 et des nominations aux True Story Awards 2024. L'enquête de David Leloup sur Nethys/Stéphane Moreau a directement déclenché le scandale Publifin, provoquant des démissions politiques et le décret wallon plafonnant les rémunérations dans les intercommunales. Le numéro 41 (hiver 2025-2026) enquête sur la concentration médiatique (DPG Media/Christian Van Thillo).

Apache a reçu le Geuzenprijs 2025 pour « journalisme d'investigation courageux », l'European Press Prize 2022, l'Arkprijs van het Vrije Woord 2017 et le Prijs voor de Democratie. Son enquête (avec Humo) démasquant des espions du Vlaams Belang est décrite par le rédacteur en chef Karl van den Broeck comme « la meilleure preuve que le quatrième pouvoir est un mécanisme d'auto-purification crucial de la démocratie ».


4. Données fraîches 2025-2026 : une contestation historique

La séquence de mobilisation la plus intense depuis 1960-1961

La manifestation du 14 octobre 2025 à Bruxelles a réuni entre 80 000 (chiffre police) et 140 000 personnes (chiffre FGTB/Thierry Bodson), partant de la Gare du Nord vers la Gare du Midi. La SNCB a ajouté 12 trains supplémentaires. Les trois syndicats (CSC, FGTB, CGSLB) et 45 organisations de la société civile étaient mobilisés. Des incidents ont éclaté (gaz lacrymogènes, canons à eau, vandalisme du siège de Vooruit).

L'« Appel de novembre » (24-26 novembre 2025) a constitué une grève générale en trois vagues : transports publics le 24, services publics le 25, grève interprofessionnelle générale le 26. Les aéroports de Bruxelles et Charleroi étaient « virtuellement à l'arrêt ». La FGTB l'a qualifiée de « grève historique ». Les revendications ciblaient le saut d'index partiel, la limitation du chômage à 24 mois, la réforme des pensions (« malus pension »), les hausses de TVA et les attaques contre les primes de nuit.

La chronologie complète de la contestation sociale en 2025 : manifestation du 13 février (60 000-100 000), grève générale du 31 mars, grève générale du 29 avril, protestations « Université en colère » en mai, manifestation du 14 octobre, grève de trois jours fin novembre. Une prochaine manifestation nationale est annoncée pour le 12 mars 2026.

Arizona : état d'avancement législatif et judiciaire

La coalition Arizona (N-VA, MR, Les Engagés, Vooruit, CD&V), investie le 3 février 2025 sous la direction du Premier ministre Bart De Wever après 236 jours de négociations, a fait adopter sa loi-programme le 18 juillet 2025. L'accord budgétaire (9,2 milliards d'euros d'effort, plan total de 23 milliards) a été bouclé dans la nuit du 23-24 novembre 2025, la veille de la grève générale.

Sur le chômage, les premières exclusions ont débuté le 1er janvier 2026 (~24 000 personnes comptant 20+ ans de chômage). Les vagues suivantes sont prévues en mars et avril 2026 (~120 000 personnes au total d'ici avril). Le maximum est fixé à 24 mois (12 mois de base + jusqu'à 12 mois supplémentaires selon l'historique professionnel). Les allocations d'insertion sont limitées à 1 an maximum.

Le 15 janvier 2026, la Cour constitutionnelle a rejeté la demande de suspension de la réforme du chômage introduite par le front commun syndical, la LDH, la Ligue des familles, le BAPN, Soralia et Vie Féminine, estimant que les requérants ne démontrent pas suffisamment le risque de « préjudice grave et difficilement réparable ». Le recours en annulation sur le fond reste pendant.

La réforme des pensions (malus pension) est reportée au 1er janvier 2027. La réforme du RIS (Revenu d'Intégration Sociale) visant à lier celui-ci aux revenus de tous les cohabitants a été retoquée par le Conseil d'État comme « une limitation considérable du droit à l'aide sociale ».

La loi Quintin : dissolution administrative sans juge

L'avant-projet de loi du ministre de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) permet au Conseil des ministres de dissoudre administrativement des organisations constituant une « menace grave et actuelle pour la sécurité nationale ou les fondements de l'État de droit » — sans intervention judiciaire. Approuvé par le Conseil des ministres le 18 juillet 2025, il a reçu un avis dévastateur de l'IFDH le 30 septembre 2025 (« contraire aux droits fondamentaux », notions « imprécises ») et un avis « très critique » du Conseil d'État le 31 décembre 2025. La coalition « Droit de protester » (3 syndicats + Amnesty International, LDH, Greenpeace, MOC, PAC, CEPAG) s'y oppose. Le texte n'est pas encore voté au Parlement.

Fusion Rossel-IPM : concentration médiatique inédite

Le contrat définitif de fusion a été signé le 17 décembre 2025. IPM (La Libre, DH, L'Avenir, Moustique, Paris Match Belgique) est absorbé par Rossel (Le Soir, SudInfo, 50% L'Écho, 50% RTL Belgium). La holding Maja (famille le Hodey) entre au capital de Rossel avec ~11%. La notification à l'Autorité belge de la Concurrence est attendue début janvier 2026, avec un délai d'examen de 55 jours ouvrables — décision probable en mars-avril 2026. Le professeur Olivier Standaert (UCLouvain, École de journalisme) alerte : la propriété des médias francophones belges est « moins diversifiée que par le passé ». Les Éditions de l'Avenir ont déjà annoncé 8 semaines de chômage économique (février-avril 2026).

Pauvreté : amélioration statistique, disparités régionales persistantes

Les dernières données EU-SILC 2025 (revenus 2024) situent le taux AROPE (risque de pauvreté ou exclusion sociale) à 16,5% (~1,9 million de personnes), en baisse statistiquement significative depuis 2019 (20,1%). Le taux de risque de pauvreté monétaire est de 10,9%. Le seuil de pauvreté s'établit à 1 565€/mois pour une personne isolée. Les disparités régionales restent béantes : 25-30% d'AROP à Bruxelles, 13,4% en Wallonie, moins de 10% en Flandre. En Hainaut, 41% des ménages ne peuvent faire face à une dépense imprévue.

Réactions académiques à la limitation du chômage à 24 mois

Bruno Van der Linden (économiste, professeur émérite IRES/UCLouvain) qualifie la réforme de « déséquilibrée » et estime que ~136 000 personnes seraient touchées, soit « environ la moitié de tous les chômeurs complets indemnisés en Belgique ». Il souligne que la Belgique exige déjà 312 jours de travail effectif pour ouvrir des droits — plus que la plupart des pays européens. Freek Louckx (droit de la sécurité sociale, UAntwerpen) affirme : « Le risque paraît réel que la pauvreté augmente dans notre pays à cause de cette mesure » et juge la réforme incompatible avec l'article 23 de la Constitution et les traités internationaux. Thierry Dock (UCLouvain) avertit : « Quand on affaiblit la protection sociale, beaucoup de gens basculent en mode survie et n'ont d'autre choix qu'accepter des emplois de très mauvaise qualité. »


5. Normes bibliographiques pour les publications belges

Deux systèmes en concurrence

Les publications belges en sciences politiques et sociales ne suivent aucun standard national unifié. La ligne de partage principale oppose le système traditionnel par notes de bas de page (dominant en droit et en science politique : CRISP, La Revue Nouvelle, Politique) et le système auteur-date ISO 690 (Brussels Studies, publications sur OpenEdition).

Brussels Studies impose le format ISO 690 auteur-date avec crochets : [Nom, année : page] dans le texte, bibliographie en fin d'article, notes de bas de page réduites au minimum (données statistiques, archives, notes méthodologiques). Format type : NOM DE FAMILLE, Prénom, Année. *Titre*. Lieu : Éditeur. Pour un article : NOM, Prénom, Année. Titre de l'article. In : *Titre de la revue*. Date. vol. x, n° x, pp. x-y.

CRISP et La Revue Nouvelle utilisent le système classique par notes de bas de page avec références complètes à la première occurrence, puis op. cit., ibid., loc. cit. aux occurrences suivantes.

Citations juridiques belges

La référence autoritaire est le Guide des citations, références et abréviations juridiques de N. Bernard (6e édition, Wolters Kluwer Belgium, 2017). Les formats essentiels pour l'article envisagé :

  • Arrêt Cour constitutionnelle : C.C., arrêt n° 50/2012 du 22 mars 2012 ou C.C., n° 50/2012, 22 mars 2012, M.B., 15 mai 2012
  • Législation belge : Loi du [date] [intitulé officiel], M.B., [date de publication], art. X
  • CJUE : C.J.U.E., gde ch., 21 juin 2022, Ligue des droits humains, C-817/19, EU:C:2022:491, point X
  • Cour européenne des droits de l'homme : Cour eur. D.H., arrêt X c. Belgique, [date], req. n° [numéro]
  • Documents parlementaires : Doc. parl., Ch. repr., sess. ord. 2024-2025, n° 55-XXXX/001
  • Doctrine (monographie) : I. NOM, *Titre de l'ouvrage*, Lieu, Éditeur, année, p. X
  • Doctrine (article) : I. NOM, « Titre de l'article », *Abrév. revue*, année, n° X, p. X

Un style Zotero « Université de Liège – Droit » permet d'automatiser ces conventions.


Stratégie de publication recommandée

La recherche suggère une stratégie de publication en cascade maximisant l'impact :

  1. Version longue académique (15 000-35 000 caractères) → La Revue Nouvelle ou Brussels Studies (si revue par les pairs souhaitée), avec bibliographie complète
  2. Version carte blanche (3 000-6 000 caractères) → Le Soir et/ou La Libre simultanément, signée collectivement par des universitaires de plusieurs universités (modèle « Appel de 120 personnalités »)
  3. Version internationale (700-1 000 mots) → Social Europe et/ou openDemocracy en anglais
  4. Communiqué de presse Belga signalant la publication et résumant les conclusions clés
  5. Relais spécialisés → Alter Échos, Politique, Démocratie (MOC), Ensemble! (RWLP)

Le calendrier optimal cible la période précédant la manifestation du 12 mars 2026 ou une décision de la Cour constitutionnelle sur le recours en annulation de la réforme du chômage — deux événements susceptibles de créer un appel d'air médiatique. La décision de l'Autorité de la Concurrence sur la fusion Rossel-IPM (mars-avril 2026) offre un angle supplémentaire sur la concentration médiatique et la dépossession citoyenne informationnelle.

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