Rapport d'expertise : La Mutation vers l’État-Corporate et le Diagnostic de la Redistribution Inversée
Date : 10 février 2026 Objet : Audit forensique des restructurations de l'État et analyse des mécanismes de sidération sociale sous la coalition « Arizona ». À l'attention des : Décideurs syndicaux et représentants des travailleurs.
Le modèle social belge ne traverse pas une simple crise conjoncturelle ; il subit une mutation pathologique profonde. Sous l'impulsion de la coalition « Arizona », nous observons le basculement systémique de l'État-Providence vers l'État-Corporate (Corporate Welfare State). Dans ce paradigme, l'État délaisse sa fonction de régulateur social pour devenir l'organisateur clinique d'un pompage des ressources publiques vers la rentabilité privée.
Pour les représentants des travailleurs, ce diagnostic est une nécessité stratégique. L'État n'est plus un arbitre neutre, mais l'architecte d'une redistribution inversée. Ce rapport documente la nécrose du pacte social à travers l'analyse de trois leviers : la perfusion fiscale des structures de profit, le verrouillage législatif de la valeur-travail et une asymétrie forensique dans le contrôle des flux. Face à cette « amputation programmée », seule une riposte structurelle basée sur la donnée et la technologie peut restaurer les fonctions vitales du corps social.

La perfusion fiscale constitue le premier levier de la mutation : transformer l'impôt public en dividende privé. L'État-Corporate opère comme une « pompe aspirante » prélevant les ressources des ménages pour les injecter sans conditionnalité dans la trésorerie des entreprises.
Ce flux est alimenté par les recettes fiscales (TVA, accises, précompte professionnel) payées majoritairement par les travailleurs et les consommateurs. Ce mécanisme transforme le citoyen en financeur passif des marges bénéficiaires privées.
Flux Entrants (Financement majoritaire : Travailleurs/Consommateurs) Flux Sortants (Bénéficiaires : Capital/Actionnariat) TVA et accises (Consommation courante) 16 milliards € (Subsides structurels) Précompte professionnel (Impôt sur le travail) 2 milliards € (Nouvelles réductions Arizona) Finalité théorique : Services publics & Protection Finalité réelle : Maximisation des marges et dividendes
Le second pilier de l'État-Corporate est le maintien d'un cadre législatif coercitif visant à bloquer la redistribution des gains de productivité. La Loi de 1996 agit ici comme un garrot, empêchant toute irrigation financière du facteur travail.
Le système assure que la richesse captée reste concentrée au sommet :
L'État maintient une « hallucination collective » par une focalisation médiatique sur la fraude sociale afin de masquer l'hémorragie fiscale massive.
L'analyse des données brutes de la Cour des Comptes et du SPF Finances révèle une disparité chirurgicale.
Ce déséquilibre est maintenu par un choix délibéré d'allocation des ressources de contrôle :
Cette redirection des « globules blancs » (les inspecteurs) vers une micro-lésion sociale pour ignorer l'hémorragie fiscale artérielle est une stratégie délibérée visant à protéger le capital tout en culpabilisant la base.
La « sidération » est utilisée comme une technologie de paralysie du corps social face au démantèlement de ses droits. Cette violence s'exprime par des chiffres de traumatisme massif :
Pour neutraliser toute réaction immunitaire, l'État-Corporate déploie deux outils :
Les méthodes traditionnelles doivent muter vers une « guérilla sémantique » assistée par la donnée. L'objectif est de transformer le citoyen d'usager surveillé en administrateur (Admin) du système de surveillance du pouvoir.
Cette méthode de recherche-action repose sur trois piliers technologiques :
La riposte s'appuie sur une matrice d'audit rigoureuse suivant 6 fils : Gouvernance, Propriété, Infrastructure, Rémunération, Conflit/Soin, et Reproductibilité. Pour prévenir l'épuisement militant, l'engagement est gamifié (MMORPG IRL) via des rôles spécifiques : Scribe Cryptique (vulgarisation), Ingénieur du Bazar (prototypage), ou Samouraï Administratif (résistance bureaucratique).
Le diagnostic est sans appel : la Belgique sociale subit une amputation programmée au profit d'une structure de profit privé. L'État-Providence a muté en un État-Corporate organisant activement la redistribution inversée.
La réappropriation des outils documentaires démontre que « faire est encore possible ». L'insurrection ne sera pas seulement dans la rue ; elle sera dans la donnée, le code et la dé-sidération collective.